Le prélude

En musique, un prélude est « une pièce instrumentale sans forme particulière, servant d’introduction. »

À l'origine, le prélude consiste en une improvisation de l'artiste pour se préparer à jouer, pour lui permettre de vérifier l'accord de son instrument — important pour les instruments qui se désaccordent très vite, tels le luth : dès 1508, Joan Ambrosio Dalza compose un tastar de corde suivi d’un ricercare, prémices du prélude & fugue – ou, dans le cas des clavecinistes et des organistes, d’essayer leur instrument, comme l’écrit François Couperin dans son Art de toucher le clavecin : « non seulement les préludes annoncent agréablement le ton des pièces qu’on va jouer, mais ils servent à dénouer les doigts et souvent à éprouver des claviers sur lesquels on ne s’est point encore exercé. »

Dans son Dictionnaire de musique, à l’article « préluder », Jean-Jacques Rousseau souligne l’importance de cet acte musical : « C’est surtout en préludant que les grands musiciens, exempts de cet extrême asservissement aux règles que l’œil des critiques leur impose sur le papier, font briller ces traditions savantes qui ravissent les auditeurs. C’est là qu’il ne suffit pas d’être bon compositeur ni de bien posséder son clavier, ni d’avoir la main bonne et bien exercée, mais qu’il faut encore abonder de ce feu de génie et de cet esprit inventif qui fait trouver et traiter sur le champ les sujets les plus favorables à l’harmonie et les plus flatteurs à l’oreille. »

Exemple, le prélude de Bach

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